article écrit par Amélie Canchaya
Les Hopis (venant de Hopitu-shinumu qui en langue Hopi signifie peuple de la paix) sont un peuple vivant aux Etats-Unis, et plus exactement au nord-est de l'état de l'Arizona.

Drapeau Hopi
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Carte indiquant la position de l'Arizona

Carte indiquant en vert le territoire initial des Hopis et en jaune la réserve Hopi
Les Hopis appartiennent au groupe des Amérindiens dit des Pueblos (ce qui veut dire peuple, ville ou village en espagnol), il s'agit d'un groupe de peuples se caractérisant par un type d'habitat spécifique qui sont des maisons carrées juxtaposées.

Maisons Hopis typique Pueblos
Les ancêtres des Hopis ont émigrés du Nord du Mexique vers 500 avant JC (élément mis en évidence par le fait qu'ils parlent une langue Uto-aztèque cousine du Nahualt, la langue des Mexicas - ceux que l'on appelle les Aztèques, et des Tlaxcaltèques).
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Carte indiquant les positions où l'on parle une langue Uto-aztèque
L'un des plus anciens villages Hopis est le village d'Oraibi, il aurait été habité avant 1100 de notre ère et aurait été habité continuellement, ayant en 1540 entre 1500 à 3000 habitants.

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Maisons d'Oraibi
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Position d'Oraibi dans l'Arizona
Le premier contact entre les Espagnols et les Hopis date de 1540, il a eu lieu sous le commandement du conquistador Francisco Vázquez de Coronado.

Expédition de Coronado

Tableau représentant l'expédition de Coronado
Coronado a organisé cette expédition dans l'espoir de trouver les légendaires cités d'or.
Lors de son voyage, il apprend à la rencontre du peuple Zuni l'existence des Hopis et il part alors à leur rencontre.
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Représentation des Zunis
Le premier village où vont les Espagnols est Awatovi.

Ruines d'Awatovi
Lorsque Coronado arrive, le chef de guerre Hopi va tracer 4 lignes de farine de maïs indiquant aux espagnols de ne pas avancer. Cependant les étrangers ne comprennent pas et chargent, provoquant la confrontation entre les Hopis et les Espagnols, ce qui provoque de nombreuses pertes chez les Hopis.
Les Espagnols ont noté qu'ils y avaient rencontré environ 16 000 Hopis et Zunis.
Une deuxième rencontre aura lieu quelques années plus tard, cette fois ci avec le conquistador García López de Cárdenas, et se passera beaucoup mieux, il se fera accueillir chaleureusement par les Hopis et aura ainsi de nombreux guides Hopis pour le guider dans son voyage.

García López de Cárdenas explorant le grand Canyon
Une autre expédition fut celle d'Antonio de Espejo de 1582 à 1583. Il rencontra 5 villages Hopis et nota qu'ils étaient environ 12 000 Hopis.
Les Espagnols passèrent dans la région de temps en temps mais ne laissèrent jamais de troupes longtemps et ne chercheront pas durant cette période à coloniser le pays Hopi.
En 1629, les Espagnols arrivèrent avec des Franciscains qui avaient pour mission d'évangéliser les Hopis.

Représentation d'un Franciscain
Rapidement les Hopis vont donner le doux nom de Totaatsim (les tyrans en langue Hopi) à ces nouveaux arrivants. Ce nom vient de leur système de fonctionnement qu'ils ont installés sur les Hopis, un système oppressif et brutal.
Toute forme de résistance était punie par la torture. Les résultats des moines étaient très mauvais et peu se convertissaient, les moines persécutant ceux qui continuaient de suivre la foi Hopi.
Pendant ce temps, les Espagnols esclavagisèrent les Hopis, leur imposant des travaux forcés.
Tous cela va provoquer un très fort ressentiment de la part des Hopis à l'encontre des Espagnols.
En 1655, on trouve un récit d'un moine Salvador de Guerra qui a battu à mort un Hopi nommé Juan Cuna. Pour ce crime, on le retira de la mission et il dut repartir à Mexico.
En 1656, un Hopi du nom de Juan Suñi a été envoyé à Santa Fe (capitale de l'actuel état du Nouveau Mexique) comme serviteur car il s'était fait passer pour le moine Alonso de Posada à Awatovi, un acte attribué à un esprit Hopi rusé.
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Santa Fe dans l'état du nouveau mexique (état frontalier à l'Est de l'Arizona)
Dans les années 1670, tous les peuples Pueblos vont préparer une grande révolte contre l'envahisseur espagnol. Ils réussiront à obtenir le soutien des Hopis. Celle-ci commença en 1680.
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Représentation de la révolte Pueblo
Dans les années 1670, les pays Pueblos subissent une grande sécheresse.
En 1675, le gouverneur du Nouveau Mexique fit capturer 14 hommes médecins Pueblo, les accussant de sorcellerie. 4 furent condamnés à mort, 3 furent exécutés et un autre se suicida. Les autres furent fouettés puis envoyés en prison.
Profitant du fait que les Espagnols étaient en difficultés face aux Apaches (de apachu, ennemi en Zuni, il s'agit d'un nom générique pour un certain nombre de peuples), un certain nombre de chefs Pueblo vont aller négocier la libération des hommes médecins capturés.


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Photos d'Apaches
Cela va réussir et parmis les Pueblos capturés, on trouve un certain Popé (aussi écrit Po'pay).
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Statue en l'honneur de Po'pay
Pendant 5 ans, Po'pay va rassembler les Pueblos (chose qui n'était jamais arrivée par le passé) dont les Hopis pour chasser les Espagnols des pays des Pueblos. Il promit également que chasser les Espagnols allaient permettre aux Pueblos d'obtenir la bénédiction des dieux Pueblos et la prospérité.
Il obtiendra le support de la majorité des Pueblos (même si certains refusent de se joindre à la révolte).
Elle eut lieu du 10 au 21 août 1680. Les Pueblos vont alors récupérer les chevaux des Espagnols pour s'assurer la victoire. 400 personnes seront tuées dont 21 des 33 moines de la région, et aussi des femmes et des enfants, les Espagnols fuyant vers Santa Fe.
Les Hopis vont brûler les missions sur leur territoire, tuant les soldats espagnols et les moines.
Après la révolte, Po'pay annonce que maintenant, les terres Pueblos doivent être remises dans l'état d'avant la colonisation. Ils vont également dire de ne pas utiliser les plantes importées par les colonisateurs.
Puis les Hopis vont alors démonter pierre par pierre les églises et les bâtiment des missions des moines.
La sécheresse continua et, en plus, les Pueblos subirent les attaques des Apaches mais aussi des Navajos.

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Représentation de Navajos
Malgré ces difficultés, les peuples Pueblos restèrent unis pour empêcher le retour du colonisateur espagnol.
A partir de Novembre 1681, les Espagnols vont chercher à retourner dans les pays Pueblos, utilisant certes la force mais aussi la paix. Les Hopis ne combattent pas durant cette période, le gouvernement espagnol privilégiant l'obtention de traités de paix après des négociations à la reprise d'une guerre ouverte avec les peuples Pueblos.
La reprise du territoire se termine finalement 1692.
Cela permit aux Pueblos d'obtenir exactement ceux qu'ils voulaient, car ainsi ils étaient laissés très autonomes par le gouvernement de Madrid, et donc ils étaient libres de l'influence espagnole.
En 1700, des moines revinrent construire des petites églises en pays Hopi, et les conditions furent meilleures qu'avant (l'inquisition espagnole ne revenant plus jamais au pays des Hopis).
Lors de l'indépendance du Mexique le 27 Septembre 1821, le pays Hopi faisait partie de l'immense empire Mexicain (comprenant le Sud des États-Unis, l'actuel Mexique, le Guatemala, le Bélize, le Honduras, le Salvador, le Nicaragua et le Costa Rica).
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Carte de l'empire Mexicain
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Drapeau de l'empire Mexicain
Il fit partie de la première république Mexicaine.

Première république Mexicaine
Après la guerre américano-mexicaine, le Mexique perdit l'Utah, le Nouveau Mexique, la Californie, le Nevada et le Colorado, ainsi que le Texas (qui de facto était indépendant depuis pas mal de temps sous la forme de la République du Texas).
Territoire perdu par le Mexique durant la guerre américano-mexicaine
C'est ainsi que le pays des Hopis tomba sous domination états-unienne.
En 1849, James Silas Calhoun devient agent Indien aux affaires indiennes du Sud-Ouest (il était chargé de s'occuper des affaires relatives aux populations autochtones du Sud ouest), il se trouvait à Santa Fe.
En 1850, 7 chefs Hopis partirent lui rendre visite pour demander la protection des Etats-Unis contre les Navajos.
En 1851, les États-Unis vont construire un fort contre les Navajos (pas seulement parce que les Hopis ont demandé cela), le Fort Défiance, en Arizona et installer des troupes en pays Hopi pour lutter contre les Navajos.

Fort Défiance
Les forces états-uniennes vont capturer les Navajos et les déporter dans la longue marche (un long chemin fait à pied) jusqu'au Nord-Est du Nouveau Mexique. Un événement qui va provoquer la mort de 2500 à 3500 Navajos.
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Soldats états-uniens autours de civils Navajos durant la longue marche
Chemin de la longue marche


Photos de la longue marche
Les terres Navajos seront en grande partie remises à des colons états-uniens, et les Navajos vont subir une forte volonté d'assimilation.
Ce nettoyage ethnique perpétré par les Etats-Unis permit aux Hopis d'obtenir une paix relative pendant un temps.
En 1887, une école fut construite à Keams Canyon pour les enfants hopis. Celle-ci suscita une forte résistance du peuple Hopi. En effet, l'école se trouvait à 56 kms des villages Hopis. De plus, cette école avait pour but d'assimiler les Hopis à la culture états-unienne, les forçant à abandonner leur culture d'origine. On les forçait à abandonner leur nom Hopi, leurs habits traditionnels et leur langue maternelle pour l'anglais.
On coupait aussi les cheveux des garçons pour les occidentaliser. On enseignait aux garçon l'agriculture et la menuisirie et on enseignait aux filles à coudre, à repasser et cuisiner comme les colons états-uniens. De plus, l'école avait des hospices religieux obligatoire pour convertir les Hopis au Christianisme. En 1890, le commisaire aux affaires indiennes, voyant que peu de parents Hopis envoyaient leurs enfants dans cette "école", utilisa l'armée pour forcer les parents Hopis à y envoyer leurs enfants.
Le 16 décembre 1882, la réserve Hopi fut créé en plein milieu de la réserve Navajo. Certes, cela protégea les Hopis contre le vol de leurs terres par les colons blancs, mais cela posa problème avec les Navajos.
En effet les Navajos et les Hopis en plus d'avoir une histoire commune assez difficile (les raids dont je parlais), avaient des modes de vie impliquant des demandes de terre très différentes. Les Navajos sont un peuple de nomades, éleveurs de moutons et les Hopis sont sédentaires vivant dans des villages et agriculteurs surtout.

En rouge la réserve Navajo et en blanc la réserve Hopi
Durant la même période arrivèrent des missionaires Mormons et Mennonites ainsi que des touristes provoquant de fortes épidémies de varioles chez les Hopis. (les épidémies ont lieu durant les années 1853, 1860 et 1898).
Pour la dispute entre les Navajos et les Hopis, le gouvernement états-unien divisa la terre entre les foyers dans l'espoir de leur faire prendre le système européen tout en mettant en vente aux États-Unis les terres en "surplus". Cela ne plut guère aux Hopis et heureusement le bureau des affaires indiennes de la région ne mit jamais cela en place.
En 1893, une école fut ouverte dans le village d'Oraibi, cependant les parents les plus traditionnels refusaient quand même d'envoyer leurs enfants dans cette école qui les encourageaient à perdre leur culture d'origine.
Le gouvernement états-uniens va encore une fois utiliser la force pour essayer de forcer les enfants Hopis à aller dans cette école.
En Novembre 1894, le capitaine Captain Frank Robinson et ses forces entrent à Oraibi et capturent les Hopis résistants à l'assimilation culturelle. Ils en captureront 18. Les jours suivants, ils se rendront compte qu'ils ne les avaient pas tous capturés et ils vont retenter d'en capturer, dont l'homme médecin Potopa, considéré comme le plus dangereux des résistants.
Pour les terrifier, les États-Unis vont envoyer 19 Hopis à Alcatraz pendant un an.
Cependant, cela ne fit qu'intensifier la résistance Hopi contre le gouvernement colonial.
Quand les Hopis furent libérés de prison, ils disent que les officiers leur avaient dit qu'ils n'auraient pas à envoyer leurs enfants à l'école, mais les agents sur place diront le contraire.
En 1906, les hostiles aux écoles quittèrent Oraibi pour fonder leur propre village Hotevilla.
En 1910, on comptait 1000 Hopis, les Navajos étaient 22 500.
En 1924, le décret de citoyenneté indienne offrit à tous les autochtones la citoyenneté états-unienne.
En 1934, le décret de réorganisation indien permit aux Hopis d'écrire leur constitution et d'élire en 1936, leur propre conseil tribal.
Des années 1940 à 1970, les habitations Navajos vont se rapprocher des habitations Hopis, créant des conflits entre les deux peuples.
Les Etats-Unis décrétèrent en 1962 que les Navajos n'avaient pas le droit de s'installer dans la réserve Hopi. De plus les terres Hopi ne font pas partie de la réserve appartenant à la région ; elles sont partagées avec les Navajos et permettent à chaque peuple d'y aller librement.
De 1961 à 1964, les Hopis vont signer des traités avec les Etats-Unis pour permettre aux compagnies de fouiller pour trouver du gaz, des minéraux ou du pétrole et de l'exploiter. Cela permit à la réserve de récupérer plus de 3 millions de dollars.
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Rencontre en 2020 de Tom O'Halleran, représentant de l'état de l'Arizona, avec les représentants de la nation Hopi, Timothy Nuvangyaoma (les deux personnes au centre)
Il y a en 2010 19 338 Hopis, et on en notait 6 100 qui parlait la langue Hopi dont 40 monolingue (statistique de 2015).
Passons maintenant à la découverte de la culture Hopi.
Dans la cosmogonie Hopi, le monde est divisé en périodes appelées monde, chacune s'étant arrêtée des suites d'une catastrophe naturelle.
Le premier monde a succombé sous le feu, le second sous la glace et le troisième sous l'eau.
Notre époque est le quatrième monde, monde qui finira par s'achever car il y a en tout 7 périodes que l'humanité doit passer. (j'ai aussi trouvé une source parlant de 5 périodes disant que 5 est un chiffre négatif, représentant le carrefour entre le nord, le sud, l'est et l'ouest et donc le gouffre)
Dans la mythologie, le premier monde fut créé par Tawa le Soleil à partir du Tokpella, l'espace sans fin.
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Représentation de Tawa
Le Soleil avait ainsi une place importante dans la mythologie Hopi, tellement que les demoiselles demandaient des bénédictions au Soleil pour leurs nouveaux-nés.
Tawa créa alors la vie avec l'aide de la femme araignée. La femme araignée est considérée comme la déesse de la terre appelée Kokyangwuti en langue Hopi ou Gogyeng Sowuhti.
Kokyangwuti peut prendre l'apparence d'une femme âgée ou hors du temps, elle peut aussi prendre l'apparence d'une araignée commune et dans ce cas on la trouve dans un trou semblable à un Kiva (un Kiva est une pièce souterraine servant pour les réunions politiques et les rites).
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Reconstruction de l'entrée d'un Kiva
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Intérieur d'un Kiva reconstruit
Kokyangwuti aide les gens grâce à sa sagesse en leur fournissant des conseils et des soins médicaux. Elle est vue comme une meneuse sage apportant des bonnes choses.

Représentation de Kokyangwuti
Ainsi furent créés des créatures proches des insectes, mais malheureuses et vivant dans des caves. Pour améliorer la situation de ces malheureux, Tawa envoya Kokyangwuti pour qu'elle les aide.
Kokyangwuti guida alors les créatures vers le deuxième monde pendant que Tawa détruisit le premier. Dans le second monde, ces créatures prirent l'apparence de loups et d'ours.
Cependant le sort des créatures ne s'était pas amélioré et ils étaient toujours malheureux. Le Soleil encore une fois demanda à Kokyangwuti de guider les créatures vers le 3ème monde. En arrivant, les créatures devinrent des êtres humains. La femme araignée enseigna alors aux humains les rites qu'ils doivent suivre, ainsi que les rôles de chacun comment coudre et faire de la poterie.
Puis un colibri leur apporta un foret à archet pour faire du feu.
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Foret à archet

Foret à archet Hopi
Quant à l'entrée dans le quatrième monde, il y a deux versions liées à cela.
Dans la première version, l'esprit du mal arriva parmi les humains. Avec l'aide de la femme araignée et d'esprits oiseaux, un roseau creux grandit à l'entrée du troisième monde menant au quatrième monde. Cette ouverture est appelée Sipapu et est vue comme étant le grand canyon (appelé Ongtupqa en langue Hopi). Seule les personnes avec un grand coeur (gentilles) purent prendre le chemin.
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Ongtupqa

Les spirales représentent le Sipapu dans la pensée Hopi
Une autre version dit que Tawa détruisit le monde sous une immense inondation. La femme araignée protégea alors les plus vertueux dans des roseaux creux. Ces roseaux servirent de bateaux pour les survivants. Ils finirent par arriver sur une terre ferme, cependant ils ne virent autour d'eux que de l'eau. La déesse de la sagesse leur dit alors de faire plus de bateaux à partir de roseaux pour passer de rocher en rocher jusqu'à atteindre la terre ferme. Ils vont alors voyager vers l'Est jusqu'à atteindre la terre du quatrième monde.
La question de quelle version est la vraie reste dure à savoir car on enseigne la version de Sipapu aux enfants, puis plus âgées on leur parle de l'histoire du monde océan. Généralement l'histoire de Sipapu est la plus acceptée parmi les Hopis.
Puis les Hopis vont se diviser pour visiter le monde, construisant des villes et les abandonnant, laissant derrière eux leurs symboles symbolisant leur passage. Ils vont finir par se regrouper en clans après un événement où un signe fut reçu.
Ces clans vont avancer unifiés mais des fois, après un désaccord, ils peuvent se séparer. Des fois, s'ils se rencontrent, ils peuvent se réunir en de grands clans.
Les Hopis parlent au Nord de l'existence d'une terre de neige où ils ne peuvent aller, avec une porte derrière. Cela pourrait se référer au détroit de Béring qui était pendant un temps traversé par les ancêtres des Hopis lorsqu'ils sont allés en Amérique. Il s'est depuis refermé, empêchant effectivement les peuples d'Amérique de le reprendre en sens inverse.

Détroit de Béring
On dit également que lors des migrations, les clans Hopis obtinrent des terres de Masauwu, l'homme squelette, maître du royaume des morts. Masauwu est également le gardien du feu et du quatrième monde.

Représentation de Masauwu
Il y a quelques autres mythes liés à la femme araignée, comme le mythe dans lequel elle utilise ses lunettes spéciales pour retrouver une femme perdue durant la destruction du village d'Awatovi. Elle le fera pour Coyote (une créature légendaire du folklore d'Amérique du Nord, anthropomorphique mi-homme mi-coyote) et la grand mère de Coyote, pendant que le mari de la femme disparue s'occupait de leurs enfants.

Représentation de Coyote
Lors d'une course entre le village de Payupki et celui de Tsikuvi, elle aidera ceux de Payupki car ceux de Tsikuvi avait été durs avec elle. Elle leur donnera une potion qui améliorera leurs compétences de course. Puis durant la course, elle se changera en araignée pour se cacher dans l'oreille du deuxième coureur et le conseiller sur comment éviter les pièges tendus par le village de Tsikuvi. Elle avisera le village Payupki de changer de place pour éviter une attaque du village Tsikuvi à la fin.
Dans le voyage de Tiyo, celui-ci rentrera dans la tannière de la dame araignée. Elle lui donna un sérum qui lui permit de cracher sur ses ennemis pour les vaincre. Puis lorsqu'il partit, elle le conseilla sur la voie à suivre. De cette aventure Tiyo gagnera connaissance et sagesse.
De plus, dans le monde, il existe des Kachinas, esprits ancestraux entre les dieux et les hommes. D'apparence humaine et venant des étoiles, ils ont appris les fondements terrestres et spirituels de la vie. Ceux-ci étaient au contact avec les Hopis, sauf qu'au quatrième monde, les Kachinas sont retournés dans les étoiles. Les peuples oublient les enseignements de leurs maîtres. Maintenant, ils attendent d’elles qu’elles les éclairent à nouveau quand un nouveau monde doit commencer.
Les Kachinas sont des esprits communs aux Pueblos, appelées Wuya en langue Hopi.
Les Kachinas sont représentées avec des peintures colorées, des poupées à plumes, des masques, des danses et des cérémonies, à la recherche de la communication avec les esprits de l’autre monde.
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Représentation de Kachinas
Il y a un grand nombre de Kachinas Hopis, nous allons en citer quelques-uns.
Ahöla
Il est vieux et très sage, de catégorie importante. Il apparaît lors d'une cérémonie importante, le Powamuya. Il apporte des prières pour une vie longue et saine, va de maison en maison ; sur les murs extérieurs de chaque maison, il dessine quatre marques horizontales avec de la farine de maïs.
Il parle à haute voix à la tête de la kiva, avec qui il discute de l’arrivée des Kachinas pendant l’année.
Il utilise un masque rond avec un triangle noir inversé et un bec courbé vers le bas.
Dans sa main gauche, il porte des plumes de prière et, dans sa main droite, un épi sacré.

Représentation de Ahöla
Polik Mana
Chaque printemps, elle va de fleur en fleur pollinisant les champs et les fleurs et apportant la pluie qui apporte la vie sur le désert de l'Arizona.
Elle est représenté par une femme danseuse à la Danse du papillon, une fête d'initiation des jeunes filles Hopis. Cette danse a lieu à la fin de l'été pour remercier Polik Mana pour son voyage de fleurs en fleurs.
Représentation de Polik Mana

Dessin de Polik Mana
Payakyamu
En tant que clowns sacrés, ils sont une combinaison de bouffon, prêtre et chaman. Ils se manifestent dans des représentations humoristiques avec des comportements inappropriés. Ils habitent le monde souterrain et le supramonde, agissant comme interprètes l’un pour l’autre, voyageant à travers les mondes Hopi.
Ils sont la version spécifique aux Hopis du concepts des clown Pueblos, des esprits farceurs et rusés chez eux.

Représentation générale d'un clown Pueblo

Représentation de Payakyamus
Ce ne sont que quelques exemples parmi la grande diversité de Kachinas que vous pouvez trouver chez les Hopis.
Le maïs occupe également une place très importante dans la religion Hopi, car le maïs est la subsitance, le sujet de prières et un objet pour les cérémonies.

Hopis durant une cérémonie, s'habillant pour représenter des Kachinas
Pour les cérémonies, les Hopis suivent un calendrier qui commence en novembre (Kelmuya pour les Hopis), symbolisant le début du quatrième monde lorsque le feu de la vie est allumé et symbolisant le retour des Kachinas au pays des vivant, et se termine en juillet (Talangva pour les Hopis).

Calendrier des cérémonies Hopis
Parlons de certaines de ces cérémonies

Représentation de Kelmuya
KELMUYA
La société se prépare pour les cérémonies, purifiant son esprit pour atteindre l’humilité et la tranquillité.
Les rituels sont exécutés par des prêtres Hopis qui ont terminé leur instruction religieuse.
La cérémonie se déroule avec une danse populaire, où ils font des prières discrètes à des êtres surnaturels.
Le feu de la vie est allumé, l’émergence du monde souterrain est commémorée, la germination de la vie est implorée, et le chemin de l’humanité est indiqué.
Fin novembre, Soyala, qui marque le début des cérémonies, traverse la ville comme un vieil homme fatigué, ou quelqu’un de très endormi, chantant des chants sacrés à voix basse. Il ouvre la kiva principale, signalant que le temps est venu pour les autres kachinas de partir. Son émergence promulgue l’arrivée des Hopis dans le « quatrième monde » (celui dans lequel nous vivons).
La structure des kivas symbolise le passage des trois autres mondes Hopi. Un petit trou appelé Sipaapuni représente le monde souterrain du feu, le premier niveau représente le deuxième monde de l’eau, une zone surélevée représente le troisième monde : celui de l’eau, le sang de la vie ; un escalier vers le toit indique le chemin du quatrième monde.
POWAMUYA (en Février) Pendant la cérémonie Powamuya, les kachinas arrivent pour aider les Hopis à se préparer à la cérémonie Powamuya.
La cérémonie la plus importante est une série de rituels qui visent la fertilité, la germination et la croissance des graines. Elle initie également les enfants de six à dix ans à la cérémonie Powamuya, à laquelle ils participent.
Les kachinas fouetteuses traversent les villages la nuit pour vérifier si les habitants ont respecté les normes de conduite.
Un autre événement important est la plantation des haricots. Dans les kivas, les hommes qui ont planté 50 à 100 plantes dans un seau de terre gardent un feu qui brûle jour et nuit pour les aider à grandir. Planter et cultiver des haricots dans la kiva chaude est considéré comme un bon présage pour le succès de la prochaine récolte.
Le 16e jour, des kachinas distribuent les germes de haricots mûrs lors d’une cérémonie publique, suivis d’autres qui dansent et donnent des poupées. Les enfants reçoivent de nombreux cadeaux traditionnels qui affirment qu’ils se sont comportés conformément aux normes Hopi.
La période de purification se poursuit avec l’arrivée des kachinas-ogres, qui demandent des repas très difficiles et longs. S’ils ne sont pas fournis de manière adéquate, les ogres mangeront les enfants. La tranquillité des gens change, et les nuits sont remplies de bruits étranges et terrifiants, tous enquêtent sur ce qu’ils ont pu faire de mal pendant l’année pour les provoquer.
Dans chaque maison et dans chaque kiva, ceux qui n’ont pas atteint les sommets des normes de l’État aux normes morales Hopi sont ridiculisés publiquement. La punition prend fin, une bénédiction spéciale est donnée à tous et une danse sociale est célébrée pour alléger les problèmes passés. La famille des ogres est expulsée du village.

Photo d'une cérémonie Hopi
TALANGVA (en Juillet, période de la cérémonie de Niman)
Pendant la saison estivale, tous les rituels et danses Kachina précédents culminent dans la cérémonie Niman.
Peu après le solstice d’été, la cérémonie de seize jours célèbre le départ des kachinas pour leur monde spirituel dans les montagnes.
Après huit jours d’activités sacrées dans les kivas, les kachinas exécutent une danse populaire. Elles entrent sur la place au lever du soleil en portant les tiges vertes du maïs planté, démontrant que la récolte sera abondante. Elles font aussi des cadeaux aux enfants. Au crépuscule, elles retournent à la kiva, où un autel a été installé, et elles y exécutent la dernière danse et reçoivent des cadeaux.
Les fiancées de l’année, avec leurs vêtements matrimoniaux, sont présentées aux kachinas, symbole qu’un jour elle les unira dans leur tunique matrimoniale. Après le retour des kachinas dans le monde des esprits, les aigles les accompagnent et leur transmettent des prières et des observations sur ce qui s’est passé pendant leurs tâches.

Représentation de Niman
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Représentation d'une autre cérémonie que celles présentées : la danse du serpent
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Danse de demoiselles

Danse de l'aigle devant des touristes
La société Hopi est matrilinéaire : les enfants appartiennent au clan de la mère. Lorsqu'un enfant naît, les femmes du côté paternel de l'enfant se réunissent, chacune choissisant un nom et un cadeau à l'enfant, puis parmis ces noms, les parents choississent celui que portera l'enfant. Les Hopis peuvent changer de prénom après un rituel d'initiation dans la vie religieuse ou après un événement important.
De plus, dans la vie Hopi, ce sont les femmes qui ont la possession des champs et de la terre.
La société fonctionne en clans, chaque clan ayant sa propre cérémonie. Le mariage entre membre d'un même clan est interdit.
Les Hopis vivent dans un univers rude pour la survie mais possèdent de nombreuses connaissances en irrigation qui leurs permettent de faire pousser le maïs, le haricot, la courge, les fruits et le tabac, ainsi que d'élever des moutons et des chèvres.
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Demoiselles Hopis moulant le grain

Nourriture traditionnelle Hopi
Les Hopis font des paniers, de la couverture, des sculptures et de la céramique.

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Céramiques Hopis


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Artisanat Hopi
Les maisons sont construites par les femmes, avec des pierres grossièrement taillées et posées à sec, finies à l'enduit au plâtre.
Les plafonds sont soutenus par des poutres et des mâts entrecroisés composés de branchages et d'argile.
Les sols sont parfois dallés, les murs intérieurs blanchis au gypse, décorés quelquefois de bandes géométriques simples.
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Maisons traditionnelles Hopis
Pour les Costumes :
Les femmes s'enroulent avec des bandes de cuir autour des mollets, portent des robes en laine à une seule épaule, serrées à la taille par une ceinture rayée.
L'hiver, tout le monde porte des couvertures de laine serrées aux épaules.
Les jeunes filles à marier sont reconnaissables à leur coiffure : 2 gros macarons noirs encadrent leur visage (évoquant la fleur de courge).
Les tissus sont très colorés, rayés ou à motifs géométriques.
Il y a un symbole pour chaque couleur et motif.
Les mocassins sont en daim à franges.
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>Fabrication de la coiffure en macaron
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Jeunes filles Hopis avec les cheveux en macaron




Jeunes filles avec les cheveux en Macaron
Terminons par quelques chansons en lanque Hopi :
https://www.youtube.com/watch?v=ReoTKY_wfIY
https://www.youtube.com/watch?v=eBh_0NWLXT0
Ainsi se termine cet épisode en espérant qu'il vous aura plu !